Entre la lune de miel et la mesure disciplinaire

Il est toujours surprenant d’entendre chanter les louanges d’une nouvelle employée qui arrive à la résidence suite à une décision d’un comité de sélection et quelques mois plus tard, d’entendre cette fois le récit de toutes les « imperfections » de cette même employée qui, finalement, n’est pas du tout à la hauteur des attentes qu’on avait à son égard.

Comment peut-on expliquer ce changement?

Plusieurs possibilités s’offrent à nous : le processus de sélection aurait pu être meilleur, les références (si elles ont été prises) auraient pu être plus précises ou encore, la nouvelle employée est très « habile », elle a joué « le grand jeu » lors de son entrevue.

Mon expérience me dit qu’il peut y avoir une autre possibilité : une gestionnaire se fait une « image » de la personne qui serait idéale à embaucher et elle cherche à retrouver cette « image » chez les candidates.

La réaction envers la candidate est « chimique » : oui, c’est elle! C’est bien l’image que je souhaitais trouver. Et là commence la lune de miel! Évidemment, la tâche à accomplir fait en sorte que « l’image » doit se mettre à l’œuvre et que, parfois, ce qu’elle FAIT ne ressemble en rien à ce qu’elle EST.

Et là arrive le goût de donner une mesure disciplinaire pour chaque manquement! Le problème est-il du côté de l’employée? Peut-être. Mais il est certainement aussi du côté de la gestionnaire qui s’est laissée habiter par une « image ».

La vie d’une gestionnaire comporte des hauts et des bas, oui, mais il n’est pas nécessaire de se créer des occasions où les hauts seront très hauts et… les bas seront très bas!

Une nouvelle employée ne devrait pas créer l’effet « lune de miel » à sa gestionnaire, pas plus qu’elle ne devrait générer chez la gestionnaire un goût poussé de lui imposer des mesures disciplinaires.

C’est à la gestionnaire de s’obliger à approfondir sa réflexion quand vient le temps de recruter une nouvelle employée et c’est elle aussi qui doit s’efforcer de bien identifier ce que la nouvelle va devoir FAIRE et non comment elle devra ÊTRE!

(Article publié pour l’ARIHQ en février 2019)